Un directeur d'école de Nanterre accusé à tort d'agresion sexuelle

Ce célibataire de 52 ans travaillait dans une école de banlieue depuis vingt-cinq ans. Jusqu’à ce jour de 2005 où la mère d’une fillette à qui il enseignait porte plainte «pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité». Plusieurs autres filles se joignent, parlant de «caresses sur les fesses par-dessus le pantalon».

Aussitôt la machine judiciaire s'emballe : il est immédiatement convoqué par la brigade des mineurs et auditionné sous le régime de la garde à vue à une époque où l'assistance de l'avocat n'était pas continue mais ponctuelle. Au bout de 48 heures d'un interrogatoire poussé, le directeur ne se souvient même plus de son prénom... Pourtant le "dossier est vide". En effet, la procédure ne contient aucun élément matériel probant de nature à caractériser l'infraction reprochée : pas de témoin, une perquisition infructueuse,des incohérences et contradictions dans les déclarations des plaignantes, etc....

Le parquet décide de classer les plaintes avant de se raviser et de demander la désignation d'un juge d'instruction. Le directeur est suspendu de ses fonctions à titre conservatoire. C'était l'usage à l'époque, fort heureusement ça ne l'est plus. Lors de sa première comparution devant le juge d'instruction, celui-ci lui indique qu'il est un ancien insituteur et qu'il ne comprend pas son comportement, la messe est dite... Viennent ensuite les expertises psychologiques, dont l’une conclut à une absence de danger. L’autre parle de «tendance pédophilique dans l’imaginaire». Finalement le directeur est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour y être jugé du chef d'agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité.

Au terme de 43 mois de calvaire, Maitre Laurent HAZAN obtient la relaxe du directeur.

La presse en a parlé :
https://www.liberation.fr/societe/2009/05/04/accuse-de-pedophilie-a-tort-durant-43-mois_555952/